Message 10/* Accompagner la lecture du roman en classe

Pascale et moi, nous sommes entrées dans la classe.
Au tableau, des affiches : Paul Gauguin au physique et au moral (informations prélevées au cours de la lecture du roman), des couvertures de magazines présentant des portraits d'artistes impressionnistes et post-impressionnistes, des reproductions d’œuvres.
On se sent bien.
Dans cette école d'un joli village des Pyrénées atlantiques, deux maîtresses de CM1/CM2, dynamiques et passionnées.
Leurs élèves ? A eux tous, ils ont lu presque tous les livres de Pascale.
Même les trop difficiles parce qu'écrits pour des plus grands, même ceux qu'on ne trouve plus en librairie.
Et même  "Disparitions dans l'atelier de Gauguin", lu chaque jour en lecture suivie ou par la maîtresse.

C'est le roman qui a servi de déclencheur dans la classe pour un projet de "classeur d'histoire des arts", projet déjà mûrement réfléchi par l'enseignante qui n'attendait que le bon moment.
Mission accomplie pour ce livre qui a l'ambition de servir d'outil pour une approche pluridisciplinaire
et réfléchie de l'histoire des arts.

Dessin de Marion

 
Un garçon de CM1 me confie qu'il a lu "Tempête dans l'atelier de Géricault". 
- Au début, ça fait un peu bizarre à cause des cadavres, mais après, c'est bien. Je peux le garder pour chez moi, Maîtresse ?
Mais c'est un livre de la classe, acheté par la maîtresse. 
La fierté de ce garçon quand je lui montre la dédicace au début du roman : 
"pour mes élèves de 4ème".

Message 9/* La belle Madeleine


Madeleine Bernard fait la connaissance de Paul Gauguin lors d'un séjour à Pont-Aven en août 1888.
Elle ne figure pas comme personnage dans notre récit "Disparitions dans l'atelier de Gauguin", car au moment où celui-ci commence, en mai 1894, la jeune femme est malade de la tuberculose. Elle n'aura que 24 ans quand elle en mourra un an plus tard, au Caire.
Son frère, Emile Bernard, est alors brouillé depuis 1891 avec Paul Gauguin. 
Il ne comprend pas pourquoi Gauguin s'attribue tout le mérite de la découverte du cloisonnisme et du synthétisme.

Pendant qu' Emile peignait Madeleine 
allongée dans le Bois d'Amour, 
Gauguin faisait le portrait de la jeune fille.
Paul Gauguin : Portrait de Madeleine Bernard 
1888
Huile sur toile
72 x 58 cm
Musée de Grenoble
Photographie : © Musée de Grenoble





Paul Gauguin a représenté la jeune Madeleine en buste.
La pièce dans laquelle elle est assise est décorée par deux images. 
Est-ce que l’une des images ne serait pas une gravure de Jean-Louis Forain (1852-1931) ?
Q4 Oui, mais laquelle ? 

Gauguin entoure les formes d’une ligne, on dit qu’il cerne les formes.
Il simplifie les plans : la profondeur est suggérée seulement par quelques lattes de plancher 
et la position des chaussures d’intérieur dans le coin inférieur droit. 
Gauguin procède par grands aplats de couleurs
On voit peu d’ombres et d’effets de relief (le modelé). 

C’est le visage de Madeleine qui est la partie du tableau la plus travaillée.
Regardez l’arabesque qui limite le front et la chevelure.
 


 Observez l’œil droit, construit avec des minuscules taches de couleurs vives.





Et voici les paroles d'une chanson de Tri Yann, "Madeleine Bernard" 
dans l'album "Portraits" (1998) :

Belle Madeleine, robe de satin ébène,
Belle, cheveux mandarines,
Fragile opaline de 17 ans,
Parmi les neiges coiffes de dentelle
Et chapeaux paille des marchands.
Carmines balles de laine
Au marché de Pont-Aven
Et sous pluie de rubans ;
Gauguin est là qui dit que d'amour t'aime
Mais toi belle le vas fuyant.

Belle Madeleine, courre à courre vers l'Aven,
Ondoyante colubrine,
Entre les rochers jaune-safran,
Gauguin t'y presse et lors en sardinelle,
Madeleine, t'y vas changeant.
Tes longs cheveux mandarines
Sur tes écailles ivoirines
Font pluie de rubans,
Dans les blés rouge-feu cerclés d'ébène
Et l'ombre verte du torrent.

Belle sardinelle, nage nage à perdre haleine,
Sur ta peau brigandine
Les doigts de Gauguin glissent en vain ;
Tes longs cheveux mandarines
Sur tes écailles ivoirines,
Buisson d'algues sang.

Belle sardinelle, blanche l'écume t'entraîne,
Vers l'onde outre marine,
Les jaunes collines de l'orient ;
Là, de mourir ton amour et de peine
Tu t'endormiras cent ans.
En barque de porcelaine
T'en reviendras, Madeleine,
Portée par le vent,
Jusqu'à la route bleue cerclée d'ébène
Qui mène Brest à l'océan.

Merveille : chêne rouge cerclé d'ébène
Et pommier bleu au jour levant.


Message 8/* Dans le Bois d'Amour

Emile Bernard (1868-1941) Madeleine au Bois d'Amour, 1888, huile sur toile,  1,38 m x 1,63 m, Paris, musée d'Orsay © ADAGP, Paris - RMN (Musée d'Orsay) / DR


Qui est cette jeune fille allongée dans le Bois d’Amour ?
Une belle rêveuse de 17 ans,
dont Gauguin est tombé amoureux.
C’est Madeleine Bernard, peinte par son frère Emile.
Emile n’a que 20 ans
quand il réalise cette toile grandeur nature,
longue de 163cm et haute de 138cm.
Il s’est installé dans le bois, au bord de la rivière Aven,
pour faire des « études »,
mais c’est dans l’atelier
qu’il a peint le paysage et le corps de sa sœur.
Selon les recommandations de Gauguin :
peu de détails,
pas de recherche d’effets de volume ni de perspective,
mais des masses colorées
et des aplats de couleur,
des plans étagés, un peu à la manière des estampes japonaises.


Paul Sérusier (1864-1927)
octobre 1888, huile sur bois, 27 cm x 21 cm, Paris, musée d'Orsay. 1985© RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski


"Et dans la petite chapelle de Trémalo, à l’abri de la pluie et sous la protection du Christ jaune, Paul Sérusier raconte. Il raconte avec passion l’histoire du Talisman. L’été 1888, il était jeune étudiant en art en séjour à Pont-Aven, et il a réussi à recevoir une leçon de peinture de Paul Gauguin. Ils sont partis tous les deux au bord de la rivière dans le Bois d’Amour. Pour ne pas trop se charger, Sérusier n’a emporté qu’un petit panneau de bois de la taille d’un couvercle de boîte à cigares. Il se souvient des conseils de Gauguin, qui l’encourageait à voir avec ses yeux mais surtout avec sa pensée :
« De quelle couleur voyez-vous ces arbres ?
— Ils sont jaunes. 
— Eh bien, mettez donc du jaune. Et cette ombre ?
— Plutôt bleue.
— Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible, avec de l’outremer pur… Et ces feuilles rouges ? Mettez du vermillon, que diable ! »"
(extrait page 50 du roman jeunesse
Disparitions dans l'atelier de Gauguin)


 Q3
Quelles lignes verticales traversent les 3 images ?
Comment allez-vous construire
votre propre image du Bois d'Amour ?        
Comment allez-vous organiser l'espace en plans superposés
(chemins, rivière, ...) ?
Que placerez-vous au premier plan ?
Soyez inventifs et audacieux dans le choix des couleurs.

 




















Message 7/* Concevoir la couverture du livre ?

C'est le travail du graphiste.


Proposition 1


La couverture est essentiellement constituée d’un titre et d’un visuel. Le titre et le visuel sont donc les deux éléments commerciaux majeurs dont dispose l’éditeur pour attirer l’œil et attiser la curiosité de son lecteur potentiel.

Proposition 2
Le lettrage
Style de caractères, corps, échelle horizontale et verticale, espacement des lettres, couleurs... rien que pour la manière d’écrire le titre du livre, il y a mille possibilités.
Pour choisir la plus pertinente, il faut la solide expérience et le savoir-faire spécifique des graphistes.

Proposition 3 (définitive)
Le visuel
Le choix du visuel de la couverture, et son traitement graphique, donnent au lecteur un avant-goût du sujet du livre, et de la manière dont l’auteur l’a abordé.
Des couleurs nuancées ou au contraire vives et saturées, un effet de flou, ou à l’opposé, une précision extrême dans le trait évoqueront des ambiances différentes.
Ainsi, avant même de savoir précisément de quoi parle le livre, le lecteur pourra se sentir intéressé et concerné, étonné, attiré et finalement séduit par la créativité et l’esthétique de la couverture. 

Si vous souhaitez inventer sous Photoshop des couvertures de livres pour vos futurs romans, laissez-vous guider par ce tutoriel.

Message 6/* L'école de Pont-Aven


Émile Bernard, Paysage de Pont-Aven
Aquarelle – 1888
Collection Musée de Pont-Aven
© Adagp, Paris 2009
Allez donc découvrir les artistes de ce mouvement artistique sur le site du musée des Beaux-Arts de Pont-Aven !

Message 5/* Qui sont nos trois jeunes héros ?

Judith a réellement existé.
Yann et Valentin se sont invités dans notre histoire...


Ne les avez-vous jamais rencontrés ?


Yann, on le dit paresseux, il se croit paresseux.
Mais vous, ne le croyez pas !
Il est capable de déployer une belle énergie au service de son projet.
Et au service des autres aussi.
Ce n'est pas simple de trouver en soi-même le moteur qui met en marche.
Ce n'est pas simple, mais c'est possible.


Valentin, il vous ressemble peut-être.
Certains parents sont restés adolescents, il faut leur donner des limites.
Parfois, leurs propres enfants doivent jouer ce rôle très insécurisant.
Le rôle des parents.
Oui, Valentin, c'est un peu un père pour son père.
Le monde à l'envers...


Judith Mollard. Des secrets planent autour de cette jeune fille.
Secrets qui resteront quelques temps encore... secrets !
Sachez seulement qu'elle est devenue peintre plus tard.
Bon, c'est vrai, nous avons pris des libertés.
Nous l'avons imaginée solide et volontaire.
Courageuse.
Audacieuse.


Tout comme vous, chers lectrices et lecteurs. N'est-ce pas ?

Message 4/* Quel beau masque !


« Un énorme chat noir sort brusquement de l’appartement. Surprise, Judith recule et lâche le paquet. Celui-ci dévale le balcon, dégringole les marches de l’escalier et s’immobilise sur les pavés de la cour.  

La jeune fille se penche depuis le deuxième étage. Pourvu que rien ne soit cassé ! Une sorte de masque en bois brun dépasse maintenant du papier déchiré. On dirait un visage de femme. Heureusement, l’objet semble encore entier. » (page 7 du roman)

"L’homme vit pauvrement. Sur sa couverture, rabattue avec soin, un morceau de pain, une écharpe noire, et… Hourra ! Sous l’écharpe, elle aperçoit le bois brillant du masque brun.
Avec précaution, elle le prend dans ses mains, le soupèse, le caresse. C’est un visage de femme, aux lèvres épaisses. Sa surface est douce, lisse. Comme des paupières sombres baissées, les yeux sont peints en noir. Dans les cheveux, Gauguin a sculpté deux fleurs au pourtour doré. Judith tourne et retourne entre ses mains le masque de cette belle Tahitienne. Sous ses doigts admiratifs, elle sent l’amour de l’artiste pour son modèle. » (page 71 du roman)

 


Vous l’avez deviné, ce masque a été sculpté par Paul Gauguin.

On l’appelle : "Tehura" 
L'artiste l'a produit entre 1891 et 1893, pendant son premier séjour à Tahiti.
Il a utilisé du bois de pua polychrome (polychrome, c'est-à-dire peint de plusieurs couleurs).

Petit arbre très décoratif, originaire d'Hawaï, le pua peut atteindre 7 mètres de hauteur. 
 Le bois du pua est de couleur brun clair. 
Son grain serré se polit bien et sert à la fabrication de meubles et de sculptures.
Ses feuilles sont charnues à bord lisse et ses fleurs très parfumées.
Les légendes tahitiennes racontent que le premier pua fut apporté sur la Terre 
par le dieu Tane, le dieu des forêts. 
Le pua est donc considéré comme un arbre sacré. 
Toutes les images du dieu Tane étaient taillées dans ce bois.
Le masque mesure environ 22 x 8 x 13 cm.
Vous pouvez découvrir la sculpture  "Tehura" au musée d’Orsay.





Tehura, ou de son vrai nom Teha'amana, est la compagne et le modèle de Paul Gauguin entre 1892 et son retour en métropole. Elle lui a inspiré plusieurs œuvres.












" Merahi metua no Tehaamana », 



"Vahine no te tiare" soit Femme à la fleur, 1891, huile sur toile, 70.5 x 46.5 cm, Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague









soit Teha'amana a beaucoup de parents, 1893, Art Institute de Chicago




Message 3/* La Pension Gloanec, un fameux repaire de peintres

"L’attelage s’arrête enfin.
- Mon petit ami, te voilà à Pont-Aven, une vraie colonie d’artistes. Nous logeons là-bas, dans la bâtisse qui vient d’être repeinte en blanc. Un fameux repaire de peintres !" (p.23 du roman)


Paul Gauguin découvre cette auberge bretonne et s'y installe en juillet 1886. Q2 / Pourquoi ?
- (A) La Bretagne est étrange et fascinante, le climat est doux ;
- (B) Les habitants sont accueillants et acceptent de poser pour les peintres ;
- (C) La vie n'y est pas chère.

Message 2/* L'appareil photo de Valentin


"La scène est pittoresque. Valentin sort avec précaution l’appareil photo de sa sacoche de cuir. Il a vu plusieurs fois son père prendre des photos, mais c’était avec un appareil à plaques de verre, pas avec ce modèle tout juste arrivé des Etats-Unis. Il regarde avec inquiétude la brochure explicative." (p.23 du roman) 



Message 1/* Quatrième de couverture


La quatrième de couverture est la dernière page extérieure d’un livre. On l’appelle aussi « plat verso » dans le cas des livres cartonnés. Elle n'est pas numérotée et accueille généralement un résumé de l'ouvrage, un extrait représentatif du contenu ou une présentation de l'auteur.

Ce n'est pas facile d'écrire la quatrième de couverture. Il faut donner un aperçu du contenu de l'histoire, sans en révéler la fin : indiquer le contexte (lieu, période historique), présenter les personnages principaux, choisir un court extrait. Et surtout, donner envie de lire le livre !
Est-ce que notre quatrième de couverture vous convient ?
Et si vous nous en proposiez une autre ? (Q1)


"Concarneau, mai 1894. Le jeune Valentin assiste à une bagarre. Le peintre Paul Gauguin est blessé ! C’est le point de départ d’une rencontre magique."